Les investisseurs start-up

Comprendre qui investi dans les startups en France

Nous nous focalisons sur les investisseurs start-up en France car il est très rare qu’un investisseur étranger investisse dans une entreprise française en phase amont amorçage ou risque. Les investisseurs en capital en France peuvent se répartir en plusieurs familles caractérisées par le stade d’avancement de l’entreprise dans laquelle ils peuvent investir. 

Typologie des investisseurs

Les investisseurs start-up initiaux

Ce sont les investisseurs start-up qui accompagnent les entrepreneurs dans le capital initial ou dans un tour d’augmentation de capital rapproché de la création de l’entreprise. C’est ce que l’on appelle la « love money » investi par des personnes physiques proche de l’équipe des fondateurs, cercle familial ou amical étendu. 

Les investisseurs start-up en amorçage

Ils interviennent généralement dans la phase amont du développement de l’entreprise avant que le CA ne décolle. Ce sont :

Les Business Angels & Family Offices

Ce sont des investisseurs individuels qui prennent des participations an directe dans les startups ou via des véhicules d’investissement qui les regroupent. Le phénomène Business Angel en France  est relativement peu développé  en France (on en recense environ 5000) en comparaison des Etats unis 500 000 et de la Grande Bretagne (50 000). Au 31 décembre, France Angels  recensait pour l’année 2012 dans ses réseaux : 82 réseaux associatifs, 4100 Business Angels, 40 M€ investis dans 352 entreprises. On constate donc que le ticket moyen par Business Angel au sein de France Angels est de 10k€. Ces chiffres ne tiennent pas compte de l’activité d’investissement des Business Angels hors réseau qu’il est difficile de quantifier mais qui est loin d’être négligeable.

Les family offices sont des structures familiales comme leur nom l’indique en charge de gérer les actifs d’une famille fortunée. Ces family offices sont de taille très variables en fonction de la quantité et de la nature des actifs à gérer. De plus en plus de family offices s’intéressent à l’eco système des startups et ils interviennent désormais assez souvent dans le financement de startups en amorçage.

Comment les trouver ?

Les Business Angels peuvent être en réseau au sein d’associations généralement affiliées à France Angels ou agir individuellement. Le site de France Angels liste toutes les associations ici. Les Business Angels individuels sont plus difficiles à trouver, on peut néanmoins les identifier  dans les tableaux de levées de fonds réalisés chaque mois par frenchfunding.  Les family offices sont aussi très difficiles d’accès et ne font pas forcément de publicité au sujet de leur activité d’investissement dans les startups.

Finalement, le plus simple pour y accéder et les contacter est de passer par une de leur participation à succès et de se faire recommander, c’est la voix royale. C’est justement le service que propose meetmyangel ;-).

Le crowdfunding

Il s’agit de réseaux sociaux de financement qui permettent d’élargir les investisseurs potentiels à des personnes pouvant investir des tickets moins importants que les Business Angels traditionnels. Ces plateformes peuvent être spécialisées par secteurs : la musique (mymajorcompany) ou le cinéma (touscoprod) ou plus généralistes (wiseed, smart angels, anaxago).

En matière de financement participatifs, deux modèles prospèrent aux USA :  AngelList et kickstarter qui n’ont pas encore vraiment  d’équivalent en France. AngelList est un vrai réseau social entre Business Angels et entrepreneur facilitant la mise en relation et le processus d’investissement et revendiquant plusieurs dizaines de millions de dollars d’investissement par mois.

Kickstarter permet de précommander un objet développé par une startup ce qui lui permettra de financer la fin de R&D et la production. Nombres de projets présentés sur kickstarter recueillent plusieurs millions de dollars en précommande.

Les plateformes wiseed, smartangels et anaxago présentent déjà un nombre d’opérations réalisées significatifs. Il semble que ce modèle soit particulièrement adapté aux startups B2C ayant déjà un début de notoriété, les clients séduits pouvant ainsi devenir investisseurs. 

Fonds d’amorçage (FNA et fonds régionaux)

La plupart de fonds classiques de capital risque revendiquent une activité d’amorçage. C’est le cas pour certains, mais elle reste faible. Les opérations d’amorçage seront réalisées en priorité par des fonds régionaux et les nouveaux fonds co alimentés par le FNA (Fonds National d’Amorçage). Le nombre d’opérations en amorçage réalisées en France par ces fonds reste néanmoins faible en regard du besoin d’amorçage constaté, moins d’une cinquantaine par an.

Comment les trouver ?

Les fonds régionaux sont répertoriés dans l’annuaire de l’AFIC ici et les fonds FNA sont listés par la BPI ici. On peut citer en plus le fond KIMAventures qui investit de nombreux petits tickets par an dans des startups en France et aussi beaucoup à l’étranger avec un processus de décision rapide.

Les investisseurs en capital risque

Chiffres clés

L’AFIC compte 271 membres actif en 2013 fonds de capital risque et autres types de fonds. Si l’on ne considère que les fonds de capital risque réellement actifs investissant sur les secteurs  innovants avec des tickets supérieurs à 100k€, on tombe à une cinquantaine de fonds. En 2013, on recense environ 200 opérations de premier tour de table (hors amorçage) réalisées par les fonds de capital risque en France (source myfrenchstartup).

Qui sont ces investisseurs ?

Les fonds d’investissement en capital sont des équipes de gestion qui opèrent des investissements dans les entreprises. Leur métier consiste à collecter des nouveaux fonds régulièrement auprès de souscripteurs, réaliser les opérations d’investissement, « sortir » en vendant leurs participations à terme et enfin rendre l’argent avec un (bon si possible) rendement aux investisseurs de leur fond.

Il est donc important de comprendre qu’à la différence des Business Angels, les fonds n’investissent pas leur propre argent, ils font de la gestion pour compte de tiers avec un cahier des charges contractualisé avec leur investisseur leur imposant des contraintes qui peuvent être par exemple sectorielle, en matière de maturité des entreprises ou encore géographique.

On peut distinguer les fonds de capital risque en fonction de l’origine des fonds qu’ils gèrent.

Il y a d’abord les fonds « fiscaux » alimentés par la défiscalisation des personnes physiques (IRPP et ISF). Ces dispositifs ont permis de créer les Holdings et fonds ISF ainsi que les FIP et les FCPI. La somme des fonds provenant de ces « niches fiscales » ont représenté ces dernières années plus des deux tiers des fonds investis dans les jeunes entreprises innovantes (hors capital développement). Ces fonds ont donc un processus de collecte systématique chaque année

L’autre partie des fonds investis dans le capital risque provient d’investisseurs institutionnels classiques : banques, assurances, family office, grands groupes, ou personnes physiques fortunées comme certains entrepreneurs du web ayant réussi. Ces fonds viennent généralement alimenter un véhicule d’investissement de type FCPR qui sera opéré par l’équipe de gestion.

Le paysage est en train de changer, notamment avec l’érosion des avantages relatifs à la loi TEPA défiscalisant l’ISF, l’émergence de fonds de corporate venture et la création par l’état de fonds spécifiques type Fond National pour la Société Numérique (FSN) ou le fond de fonds Fond National d’Amorçage (FNA) venant alimenter de nouveaux fonds dédiés à l’amorçage évoqué plus haut.

Par ailleurs, les dispositifs défiscalisants ayant permis la création des FIP et FCPI sont susceptibles d’évoluer chaque année selon la volonté des nouvelles orientations politiques.

Comment les trouver ?

L’ensemble des fonds de capital risque est listé sur l’annuaire de l’AFIC ici.

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